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Jihad: déçus par Daesh, des combattants français veulent rentrer

Arrivés en Syrie pour combattre aux côtés de Daesh, certains jihadistes français sont déçus par leur expérience et aimeraient rentrer en France. Problème, le voyage de retour est bien plus compliqué que celui de l’aller entre rétention du passeport et risques de passer par la case prison.

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Derrière les images de propagande, la désillusion frappe certains Français partis en Syrie gonfler les rangs de Daesh, appelé aussi Etat Islamique. Plusieurs jeunes recrues – dont BFMTV racontait le quotidien il y a peu – dégoûtées par ce régime et leur situation sur place, cherchent même à rentrer.

Certains ont contacté des avocats spécialistes des questions de terrorisme. Ainsi, plusieurs jihadistes français, qui voudraient revenir en France, ont sollicité l’avocat Martin Pradel et se rendent compte que le voyage retour est plus compliqué que celui effectué à l’aller.

“La première difficulté rencontrée par ces gens c’est qu’ils appartiennent à des groupes qui ne les laissent pas partir”, pointe l’avocat interrogé par BFMTV. “Autre difficulté, ils sont dans une situation administrative délicate, leurs passeports leurs ont souvent été retirés à leur arrivée sur place. Enfin, quand ils vont rentrer en France, s’ils ne sont pas en mesure de s’expliquer, de justifier leur passage en Syrie puis leur revirement, ils devront faire faire face à la justice française”.

Pas d’iPod, trop de vaisselle…

Tous souhaitent éviter la case prison, et pour ce faire les avocats se doivent de conserver tous les signes – mails, appels, messages Facebook – qui montrent une volonté exposée depuis longtemps de regagner la France. Car sur place la réalité est dure. L’un d’eux, cité par Le Figaro, se plaint que “son iPod ne marche pas”, un autre “en a marre de faire de la vaisselle” mais craint plus que tout d’être envoyé sur le front.

Depuis la vague de départs qui a touché la France ces derniers mois, la législation a été durcie par le gouvernement. Il y a quelques semaines, un jihadiste a été condamné à sept ans de prison. Un argument utilisé… par les chefs des groupes terroristes pour dissuader les plus nostalgiques et notamment les jeunes femmes de faire le chemin inverse.

“Elles sont enfermées, séquestrées et mariées sur place. Elles sont là-bas pour faire des enfants et créer une pseudo cellule familiale”, explique à BFMTV, la sociologue Dounia Bouzzar, qui travaille sur le désendoctrinement des anciennes recrues à leur retour en France.

Maladie et pénurie de médicaments

Les conditions de vie des jeunes occidentaux partis rejoindre le jihad en Syrie sont difficiles sur place. A Mossoul, par exemple, les habitants de la cité la plus peuplée du “califat” autoproclamé souffrent du manque d’eau potable et l’eau contaminée provoque des maladies que la pénurie de médicaments ne permet pas de soigner.

Depuis 2012, seulement 200 jihadistes français, sur plusieurs milliers, ont réussi à regagner la France. Mais la situation sur le terrain pourrait inciter d’autres à suivre cette voie.

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