Français

Malika et le Saucisson Magique – 7 

VII – Ducon arrive

Alors qu’à Marseille les événements se précipitaient, le Président Ben Sarko plus
que jamais d’humeur massacrante pestait contre l’incompétence de ses services.

– Quelles bandes de cons ! Des nuls ! ils sont beaux ces soit-disant Maîtres es-espionnage ! Les super flics ! Super guignols, oui ! Je vais te virer ça et faire le boulot moi-même.

C’est à cet instant, que Jack Languille fut introduit dans le bureau  présidentiel. Il était ministre à vie de la culture, des arts, des subventions et dépenses inutiles et flagorneur officiel de la présidence.

– Oooohhhh munificent Président ! Mitterrand de la pensée, je m’aplatis
modestement devant vous.

Le président qui d’habitude s’amuse des dégoulinantes flatteries de son  visiteur lui jeta un regard furibard.. Tout à son autosatisfaction verbale le cuistre en chef ne le remarqua pas et il continuait son monologue.

– Ohhhh votre grandeur ! Ohhh phare de la pensée ! Sire ! J’ai discuté avec Ségaga des modalités d’organisation de la cérémonie de couronnement et je puis affirmer qu’elle sera fooooorrrmmiiddaaabllee ! Digne de votre stature. Nous surpasserons celle du sacre de Banania 1er aux Usa. Et c’est l’Imam Enti en personne qui assumera la célébration. Ce jour sera celui d’une aube nouvelle pour l’humanité, vive sa majesté Talonnette 1er, vive la révolution islamo-monarchiste, à bas cette vieille république bourgeoise et conservatrice !!

N’y tenant plus, excédé, le président le coupa net dans son lyrisme verbal.

– Ça va, on va pas y passer la journée, j’ai d’autres choses à faire, merci et à bientôt.

Et il raccompagna vivement le ministre vers la sortie.

– Quel con ! Je me demande s’il m’est encore utile. Après le couronnement je le lourde…

S’il avait entendu ces mots le ministre perpétuel aurait été encore plus mortifié, car il était fortement troublé par le comportement inhabituel de son chef d’état adoré.

– Qu’ai-je pu dire, quelle erreur ai-je commise ? Aurai je été trop direct et trop franc ? C’est mon défaut, je le sais, de ne jamais faire dans la complaisance, pas comme ces multiples courtisans qui l’entourent. Mais bien sur, c’est cela, on aura comploté pour m’abattre par jalousie ! Certains veulent ma place c’est une évidence, et ils veulent nuire à sa Majesté ! Et bien moi, Jack Languille je ne laisserai pas faire ce crime. Je sauverai mon Roy et la Nation, et vive le socialisme…

Visiblement rassuré par son analyse il héla son chauffeur…

– Au Fouquet’s !!

Le président avait à peine éconduit l’importun que le téléphone sonna.

– Ah, sans doutes des nouvelles du STUPRE.. Allo, oui… Quoi ! Ben Godinet
sodomisé ! Vous vous foutez de ma gueule Monsieur le ministre de  l’intérieur, si à chaque fois qu’il se fait ramoner le fion vous m’appelez il va falloir ouvrir une ligne spéciale ! Quooiiii !!! Avec un saucisson !!!!!

La foudre venait de s’abattre sur le bureau élyséen…

– Plus de temps à perdre, réunion à 19h du conseil de ma sécurité et si le chef du STUPRE n’est pas là je dissous le service.

– Bordel, ça devient grave cette affaire, et je suis entouré de cons, quelle bande de malades quand même, gâcher un saucisson pour ça.

L’agent Foccart 000 allait et venait devant la tombe du président Félix Faure, mort en accomplissant son devoir pour la France.

– J’espère que c’est pas un coup fourré. A six mois de la retraite, me faire ça. Et comme lieu de rendez vous y a plus gai que le Père Lachaise. Bon il est 25 et le rendez vous normalement est à 30, et en plus le cimetière va bientôt fermer, j’ai pas envie de passer la soirée à discuter avec les morts.

A cette heure les derniers visiteurs quittaient ce lieu de détente définitif, il n’y avait donc plus grand monde. Il vit alors la silhouette d’un gardien qui semblait se diriger vers lui. Probablement celui-ci allait-il l’avertir que l’heure de la fermeture approchait et qu’il fallait songer à se rapprocher de la sortie. Ceci augmenta la contrariété de l’homme de l’ombre. Arrivé à hauteur de notre agent de renseignement il le fixa du regard, regarda sa montre, elle indiquait 17 heures 30. Il sortit un paquet de cigarettes de sa poche, des américaines très difficiles à trouver depuis l’embargo décrété par Rosyne Cachalot l’incompètente, comme dirait le président, ministre du Bien être permanent.

– J’ai du bon tabac dans ma couscoussière

Sans se démonter, marque d’un grand professionnalisme et sang froid, 000 répondit la phrase convenue.

– Et moi la merguez trop cuite.

Un instant de silence seulement troublé par les oiseaux qui voletaient entre les arbres centenaires marqua une pause dans ce dialogue métaphorique.

– Vous êtes ?

– Je suis !

Le contact avec le fameux Colonel était enfin noué, 000 pouvait respirer, il venait de sauver ses points de retraite, il en était tellement ému qu’il faillit commettre un impair.

– Ah, Colo…

– Chhuuttt ! Pas ici triple idiot !!

La réponse fulgurante du Colonel mis rapidement fin aux velléités oratoires de 000. Il se contenta d’observer l’énigmatique et redouté patron du STUPRE, personnage dont le visage était inconnu, même son patronyme « Ducon » était probablement un nom d’emprunt comme Giscard. Officiellement Ducon avait de brillants états de service et devait avoir la cinquantaine, mais il se murmurait aussi qu’il avait fait les coups les plus durs et scabreux dans le service et qu’avec le temps il avait
constitué des dossiers sur les hommes influents du pays. De toute évidence l’homme qui était devant lui était grimé, la voix était cependant assez jeune, mais ferme et décidée, il était assez grand mais malgré son costume de gardien il laissait apparaître un léger embonpoint.

– Vous m’appellerez désormais patron, vous serez mon chauffeur, ça ne sera pas trop fatigant comme boulot en attendant la retraite, pas vrai ?

A cette question ironique 000 préféra ne pas répondre, il avait compris que le Colonel savait tout, mais surtout que le travail allait être tout sauf de repos…

– Justement Colonel, avant de venir à ce rendez-vous nous avons encore reçu un appel urgent de qui vous savez et si nous ne nous pressons pas nous risquons d’être en retard, et en plus le cimetière va fermer, on risque de rester coincé ici.

– Allons, pas d’affolement cher ami, vous oubliez que je suis gardien et j’ai les clefs, mais vous avez raison, assez discuté. Filons d’ici, je me changerai dans la voiture, je ne vais quand même pas me présenter ainsi…

Et rapidement ils disparurent du célèbre cimetière, laissant le Président Félix Faure à son repos mérité.

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